
La répression ne se limite pas aux tirs à balles réelles et aux os brisés dans la rue. La forme la plus efficace de la répression est celle qui, sans effusion de sang, paralyse l’esprit collectif. Depuis des années, la République islamique a compris que le contrôle durable ne repose pas uniquement sur la coercition physique, mais sur l’ingénierie psychologique, l’infiltration sociale et la destruction de la conscience collective. Le matraquage est efficace à court terme ; la perturbation de la capacité à identifier l’ennemi, en revanche, est un projet de long terme. Le jour où le manifestant ne sait plus à qui faire confiance, la répression a atteint son objectif final.
Parallèlement à la répression dure, le régime a mis en œuvre de manière systématique une répression douce : fabrication de figures factices, oppositions contrôlées et opposants inoffensifs. Il ne s’agit ni d’erreurs historiques ni de dérives individuelles ; il s’agit d’outils. Des outils destinés à contaminer l’espace protestataire, à vider les concepts de leur sens et à transformer la colère politique en conflits internes. Lorsque la rue est fermée par le sang, le champ de bataille se déplace vers les médias, les réseaux sociaux et les communautés de la diaspora ; et c’est là que la répression agit sous une forme plus élégante, avec un langage plus séduisant et plus trompeur.
Du point de vue de la psychologie politique, cette situation relève d’un « trouble organisé de la confiance collective ». Une société incapable de distinguer un opposant authentique d’un agent infiltré s’expose progressivement à l’érosion de l’action politique. La méfiance remplace la lucidité, l’inertie se substitue à la résistance. C’est précisément à ce stade que le régime, sans présence directe, sans uniforme militaire et sans coût international, désarme ses opposants de l’intérieur. Ici, la répression n’est plus dans la rue ; elle se situe dans l’esprit, dans le récit, et au sein même des rangs prétendument alliés.
Le « nan be nerkh-e rouz » – celui qui mange le pain au prix du jour – n’est ni une insulte ni un jugement populaire. Il s’agit d’un type de personnalité bien identifié en psychologie politique. Ce profil est dépourvu de colonne vertébrale idéologique et d’identité axiologique stable ; il perçoit la politique non comme un champ d’engagement éthique, mais comme un instrument de survie et de promotion personnelle. Son orientation ne repose ni sur le juste ni sur l’injuste, mais sur son rapport au pouvoir. Là où se trouve le pouvoir, la vérité est redéfinie. Hier défenseur de la répression, aujourd’hui critique sous contrôle, demain opposant de façade.
Dans ce schéma, nous sommes confrontés à une « auto-adaptation opportuniste ». L’individu possède une grande capacité à réécrire son propre passé, sans culpabilité ni sens des responsabilités. Il ne change pas de position par ignorance, mais de manière consciente, car il conçoit la politique comme un projet personnel. La souffrance du peuple n’est pour lui qu’une donnée exploitable, et non une question morale. La protestation n’a de valeur que lorsqu’elle génère pour lui du capital social, des financements ou une position ; jamais lorsqu’elle implique un coût réel.
Sur le plan politique, ce type correspond exactement aux besoins des structures répressives. Le profiteur opportuniste n’est pas un répressif par nature, mais il constitue le complément idéal de la répression. Il neutralise la protestation, vide le concept d’opposition de son contenu et, en normalisant les volte-face, brouille la frontière entre trahison et dissidence. Sa présence dans tout mouvement est un signal d’alerte, non pas en raison de sa puissance, mais à cause de sa toxicité progressive pour la confiance, la cohésion et l’intégrité politique.
Ce parcours ne raconte pas une « évolution idéologique », mais un simple changement de costume. Celui qui émerge du Basij universitaire et des structures affiliées au pouvoir ne se transforme ni par rupture intellectuelle, ni par dénonciation, ni par paiement d’un coût politique ; il se reconfigure simplement en changeant de scène et de public. La même logique, les mêmes techniques et le même regard sécuritaire demeurent ; seul le vocabulaire change. Hier justificateur de la répression à l’université, aujourd’hui poseur d’opposition sur Instagram.
Ces individus n’effacent pas leur passé, ils l’enterrent. Car si ce passé refaisait surface, leur présent s’effondrerait. Il n’y a ni aveu, ni démarcation claire vis-à-vis de l’appareil répressif, ni explication sur leur rôle, ni excuse adressée à une génération écrasée par ce même système. À la place, quelques photos de manifestations, des slogans prêts à l’emploi et des stories émotionnelles servent à s’injecter artificiellement dans l’opposition : sans antécédents, sans coût, sans responsabilité.
D’un point de vue politique, il ne s’agit pas d’une opposition, mais des vestiges d’un projet dont la forme a changé. Pour ce type de profil, l’opposition Instagram prolonge exactement la fonction antérieure : gestion de l’espace, contrôle du récit et neutralisation de l’action radicale. Là où la contestation réelle exige transparence, prise de risque et désignation explicite des responsables, ils se replient et adoptent la posture d’« opposition » la plus sûre possible. Le résultat est la production d’une opposition inoffensive, bruyante mais édentée — une opposition qui sert davantage le régime que l’émancipation.
Le « faux opposant » n’est ni une erreur d’analyse ni un simple malentendu politique ; il est le produit d’un processus sécuritaire réfléchi et méthodique. Ces individus ne sont pas issus par hasard de la structure de la République islamique, pas plus qu’ils ne se sont soudainement « éveillés ». Ils ont quitté le pays grâce à des quotas, des rentes, des soutiens institutionnels et des filières sécurisées, pour être ensuite reproduits exactement là où il le fallait : hors des frontières. Ce qui a changé, ce n’est pas leur loyauté, mais leur géographie. Leur départ n’a pas été une fuite ; il a été un transfert de mission.
Ce sont les mêmes opportunistes qui sont entrés à l’université par les quotas du Basij, qui ont progressé grâce aux cartes des associations islamiques, et qui ont pendant des années défendu bec et ongles la République islamique. Les mêmes qui, dans l’espace universitaire, jouaient le rôle de bras idéologique du régime, maquillaient la répression avec un discours réformiste trompeur et présentaient le « système » comme réformable. Les mêmes encore qui, lors des élections factices, affrétaient des bus depuis les universités européennes pour remplir les files d’attente devant les ambassades de la République islamique et alimenter la machine de légitimation du régime. Ce passé n’est ni accidentel ni marginal ; il constitue leur véritable carte d’identité politique.
Aujourd’hui, ces mêmes individus, forts de ce bilan infamant, ont changé de costume du jour au lendemain. Avec les quotas et le soutien du même système, ils ont été transférés à l’étranger en tant qu’« opposition exportée » et poursuivent désormais leur mission sous une forme renouvelée : l’infiltration planifiée de l’opposition. Ils brandissent le drapeau au lion et au soleil, se placent au premier rang des manifestations et se présentent comme nationalistes ou monarchistes, sans jamais rendre de comptes sur leur passé.
Dès qu’il s’agit d’une interview de presse ou d’une tribune officielle, ils évitent systématiquement de désigner directement Khamenei, ne remettent jamais en cause la structure de la République islamique en tant que dictature idéologique et refusent toute personnalisation des responsabilités dans la répression. Ils ne mentionnent jamais la direction nationale ni le prince Reza Pahlavi. Leur colère reste toujours vague, leur ennemi abstrait, et leurs attaques se concentrent invariablement sur les figures influentes de la véritable opposition, jamais sur la source principale du pouvoir.
Le mercenaire exporté ne frappe pas avec une matraque ; il tue par la division. Il accomplit sa mission en instillant le doute, en détruisant les réputations, en collant des étiquettes et en instrumentalisant les conflits internes. Le danger réside précisément là : silencieux, sans coût, déguisé en patriotisme. Ils ne sont ni la voix du peuple ni les représentants de sa souffrance ; ils sont les outils de la continuité de la répression, simplement munis d’un passeport étranger et d’un drapeau remplacé.
L’agent officiel arrive en bottes et frappe à coups de matraque ; la société le reconnaît et lui fait face. L’infiltré doux, lui, arrive avec le sourire et tue avec le langage du « proche ». Leur danger réside précisément là : ils sont sans visage, sans uniforme, sans coût. Leurs slogans ne sentent pas la répression, leur apparence ne rappelle pas celle d’un agent. Ils entrent par la confiance et font exploser cette même confiance de l’intérieur.
Ce type d’infiltration, au lieu de réprimer directement, produit une « perturbation du discernement ». Son objectif n’est pas de faire taire la protestation, mais de la retourner contre elle-même. En semant le doute, en exacerbant les divisions, en détruisant les figures influentes et en fabriquant de faux clivages. Le résultat est une société qui, au lieu de se concentrer sur l’ennemi principal, s’enlise dans des guerres internes d’usure. C’est exactement ce que le régime recherche : une opposition épuisée, fragmentée et méfiante.
L’infiltré doux est plus dangereux que l’agent officiel parce qu’il est invisible, et donc indétectable. L’agent officiel génère des coûts ; l’infiltré doux les neutralise. Il commence par s’intégrer, puis oriente ; il s’accorde d’abord, puis dévie la trajectoire. Lorsque la société comprend ce qui s’est produit, il est déjà trop tard. Ils ne sont pas des répressifs visibles, mais des destructeurs invisibles — et dans le projet de répression, aucun outil n’est plus efficace qu’un ennemi qui se fait passer pour un allié.
Un symbole national, lorsqu’il est dissocié de la conscience historique et de la responsabilité politique, devient un instrument de tromperie. Un drapeau, un slogan ou l’image d’une figure nationale ne constituent en soi ni une preuve d’intégrité ni une garantie de sincérité. Ce qui confère du sens à un symbole, c’est son lien avec l’histoire réelle, le coût assumé et une prise de position claire face à l’autoritarisme. Lorsque ce lien est rompu, le symbole chute de son rôle identitaire et se transforme en couverture protectrice pour dissimuler des passés obscurs et des positions ambiguës.
C’est précisément sur ce vide que ces individus prospèrent. En exploitant de manière superficielle la charge émotionnelle des symboles nationaux, ils les consomment sans en assumer les exigences morales et politiques. Pour eux, le symbole n’est pas un rappel de la lutte, mais un bouclier défensif — un moyen d’échapper à toute reddition de comptes sur leur rôle d’hier, leur silence d’aujourd’hui et leur incapacité à nommer la source principale de la répression. Ici, le nationalisme se vide de son contenu et cède la place à un patriotisme de façade : bruyant, mais sans racines.
Le danger de cette situation réside dans l’erreur de discernement collectif. Lorsque le symbole remplace la conscience, la société se laisse tromper par l’apparence et oublie le fond. N’importe quelle main peut brandir un drapeau, mais toutes ne sont pas capables d’en porter le poids historique. Le véritable nationalisme ne commence pas par le symbole ; il se définit par la connaissance, la transparence et le courage d’affronter publiquement la dictature. Un symbole utilisé sans ces fondements n’est pas un signe d’éveil, mais un instrument d’infiltration et de destruction.
Parce qu’une trace écrite met fin au jeu. Une trace écrite signifie une position irréfutable, la désignation explicite des responsables, le franchissement de la zone de sécurité. S’ils n’en laissent aucune, c’est parce qu’ils veulent en permanence garder un pied dedans et un pied dehors : être perçus comme des « opposants » tout en restant réintégrables, niables et blanchissables. Nommer directement Khamenei, qualifier explicitement la République islamique de dictature idéologique, ou personnaliser les responsabilités de la répression constituent autant de lignes rouges qu’ils évitent consciemment. Leur silence ne relève pas de l’ignorance ; il est le produit d’un calcul.
Pour se construire une crédibilité, ils sont même prêts à organiser des « rassemblements » — mais des rassemblements tièdes, sans risque et totalement neutralisés. Des veillées silencieuses, des bougies allumées, des larmes symboliques, des affiches sans la photo du prince, sans slogans structurants, sans revendications politiques claires, et surtout sans jamais nommer le leader national que le peuple a scandé d’une seule voix dans les rues : le prince Reza Pahlavi. Ces rassemblements ne visent pas à exercer une pression politique, mais à accumuler du capital social : une infiltration progressive, des photos à archiver, la construction d’une vitrine d’opposition et l’achat de la confiance de la base militante.
Leur activité est délibérément confinée à des stories éphémères, des images émotionnelles et des postures à faible coût. Aucun communiqué durable, aucune interview à laquelle on puisse se référer, aucun document qui permettrait demain de leur demander des comptes. Ce silence calculé constitue leur principal outil d’infiltration : il permet d’apparaître comme « opposant » sans jamais devenir un ennemi réel du pouvoir. Le résultat est une opposition qui semble nombreuse mais demeure inefficace ; bruyante mais sans objectif. S’ils ne laissent aucune trace, c’est parce que leur mission n’est pas le changement, mais l’infiltration.
Ces campagnes de dénigrement ne se produisent pas dans le vide ; elles s’appuient sur une injustice historique profonde. Les véritables opposants iraniens à la République islamique ont payé le prix de leur engagement bien avant la naissance de ces faux opposants : exil, rupture avec la patrie, menaces contre la sécurité de leurs familles et une vie prolongée en marge. Ils ont assumé des coûts réels, sans drapeaux empruntés ni postures théâtrales. En face, des individus sortis du pays grâce aux rentes, aux quotas et au soutien du même système s’agrègent aujourd’hui à l’opposition réelle à coups de slogans et de symboles afin d’effacer leur passé et de poursuivre une nouvelle mission.
Ces agents exportés, financés et recyclés, s’approchent des cercles de l’opposition authentique sous couvert de monarchisme ou de nationalisme, et c’est précisément à partir de là qu’ils déclenchent leur entreprise de destruction. Tous ceux qui brandissent le drapeau au lion et au soleil ne sont pas nécessairement opposants au régime ; toutes les pancartes ou photos du prince Reza Pahlavi ne sont pas synonymes de conscience nationale ; et tous les profils clamant « Javid Shah » ne sont pas automatiquement des patriotes. Ils s’approprient les symboles pour acheter la confiance, puis utilisent cette confiance pour injecter la division.
Leur mode opératoire est clair : de manière planifiée, ils ciblent les figures reconnues de l’opposition, se présentent comme des « critiques internes » et, par des accusations, des étiquettes infamantes et des rumeurs, brisent la cohésion de l’opposition et de la communauté iranienne nationaliste. Ils ne produisent pas de débats politiques ; ils fabriquent des crises de confiance. Leur mission n’est pas la confrontation intellectuelle, mais la destruction organisée. Là où ils ne peuvent pas écraser l’opposition de l’extérieur, ils la désagrègent de l’intérieur — silencieusement, sous un drapeau, avec un sourire, et par une trahison qui se déguise en dissidence.
Ce texte n’est pas une invitation à la suspicion aveugle, ni à considérer tout acteur politique comme un infiltré. La méfiance sans discernement est elle-même un outil de la répression — exactement ce que recherche le projet d’infiltration : paralyser la société par une défiance généralisée. L’enjeu de cet article n’est pas l’« accusation », mais la restauration de critères de discernement dans un espace volontairement privé de repères, où l’apparence a remplacé le parcours, et la posture a pris la place du coût assumé.
Ce texte ne s’oppose ni au nationalisme, ni aux symboles nationaux, ni aux drapeaux, ni à la participation aux rassemblements. Au contraire, sa préoccupation centrale est la protection de ces notions contre leur confiscation et leur banalisation. Le problème n’est pas le symbole ou la conviction nationale en soi, mais leur instrumentalisation pour masquer le passé, acheter la confiance et infiltrer les rangs de l’opposition authentique. La critique porte sur des comportements et des schémas, non sur des identités ou des appartenances.
De plus, aucun des signes évoqués ne constitue à lui seul un critère de jugement. Participer à un rassemblement, choisir un type de slogan, ou même garder le silence à un moment donné ne suffit pas, en soi, à prouver une infiltration. Ce qui importe, c’est la récurrence et la combinaison de ces signes : le parcours antérieur, les silences répétés face au sommet du pouvoir, l’absence de positions documentées contre le régime et la focalisation systématique sur la destruction de l’opposition réelle. Le discernement naît de l’observation de ces schémas dans leur ensemble, non de jugements hâtifs portés sur des individus.
Discerner, c’est observer un parcours, non un instant. C’est se demander d’où vient un individu, ce qu’il a fait, quand il a pris position et à quels moments il a choisi de se taire. C’est évaluer s’il est engagé depuis des années dans la lutte ou s’il n’est apparu que lorsque le coût est devenu supportable. C’est déterminer si son action vise à construire ou si elle se réduit à la destruction, à l’étiquetage et à la division. C’est enfin voir s’il a eu le courage, aux moments décisifs, de nommer, de s’exposer et d’assumer un prix — ou s’il est resté en permanence dans une zone de confort.
Cet article ne dit pas « étiquetez » ; il dit « ayez de la mémoire ». Il ne dit pas « ne faites confiance à personne » ; il dit « ne bradez pas votre confiance ». Le discernement est une condition de survie. Une opposition incapable de distinguer le combattant authentique de l’infiltré masqué s’effondrera de l’intérieur avant même d’être vaincue par la répression extérieure. Ce texte n’est pas une chasse aux individus, mais une tentative d’identifier des schémas — afin de savoir, à nouveau, avec qui avancer, sur la base de quel parcours, et jusqu’où.
La trahison n’entre pas toujours en scène en uniforme militaire et en bottes. Parfois, elle arrive drapée d’un drapeau, accompagnée d’un sourire et d’une posture de patriotisme. Parfois, sa voix ressemble à la nôtre, ses mots sont familiers, et ses revendications semblent, en apparence, s’inscrire dans le camp de l’opposition. Pourtant, sa fonction demeure identique : affaiblir, détourner et user. La répression moderne ne s’exerce plus uniquement dans la rue ; elle se poursuit dans les esprits, dans la confiance collective et au sein même de rangs prétendument alliés.
Depuis longtemps, la République islamique a compris que l’élimination physique des opposants ne suffit pas. Il faut détruire le sens, confisquer les symboles et fabriquer des figures factices. Les faux opposants, l’infiltration douce et les mercenaires exportés constituent les instruments de cette phase — des outils peu coûteux, silencieux et redoutablement efficaces. Ils ne sont pas destinés à se substituer aux répressifs ; leur rôle est d’empêcher l’opposition d’atteindre le seuil où elle deviendrait une menace réelle.
Ce texte n’est ni un appel à la peur ni une production de haine ; c’est un avertissement. Un avertissement sur le fait que la lutte politique, privée de mémoire, de discernement et de critères clairs, peut être aisément confisquée. La trahison ne vient pas toujours en bottes ; parfois, elle arrive sous un drapeau, parfois sous un slogan, parfois sous le mot d’ordre trompeur de « tous ensemble ». Si un avenir doit être construit, le premier pas consiste à voir la réalité — même lorsqu’elle est dérangeante.
