
Les transformations politiques durables ne se construisent pas sur l’élan d’émotions passagères, mais sur l’accumulation d’un pouvoir social visible, mesurable et cumulatif. L’expérience des mouvements nationaux aux XXᵉ et XXIᵉ siècles – de l’Europe de l’Est à l’Amérique latine – démontre clairement que la transition hors des régimes autoritaires s’accélère lorsque la « volonté populaire » dépasse le stade de protestations fragmentées et émotionnelles pour se hisser au niveau d’une action coordonnée, cohérente et quantifiable.
Dans ce cadre, le rassemblement du 14 février 2026, organisé à l’appel du Prince Reza Pahlavi et tenu simultanément dans trois grands centres mondiaux, revêt une importance bien supérieure à celle d’une simple manifestation protestataire. Cet événement doit être analysé comme un instrument politique visant à transformer un capital social dispersé en une capacité de représentation nationale ; un instrument susceptible de réduire l’écart chronique entre la protestation et l’impact réel.
Dans la logique des relations internationales, une protestation n’est visible et prise au sérieux que lorsque trois éléments sont réunis simultanément :
une masse humaine mesurable ;
une concentration médiatique et une résonance internationale ;
un message unique, clair et traduisible dans le langage des politiques publiques.
La tenue du rassemblement à une date précise et dans plusieurs villes stratégiques situées au cœur des espaces décisionnels de l’Europe et de l’Amérique du Nord répond exactement à cette logique. Cette configuration empêche de réduire l’événement à une « protestation locale de migrants » et l’élève au rang de signal politique international.
Ce schéma n’est pas inédit dans l’histoire contemporaine. Lors des mouvements indépendantistes baltes comme dans la lutte mondiale contre l’apartheid, la mobilisation organisée des exilés a joué un rôle déterminant dans l’augmentation du coût politique de l’inaction des gouvernements hôtes, accélérant ainsi le cours des transformations.
Depuis des décennies, le régime de la République islamique fonde sa survie sur deux piliers principaux : la répression à l’intérieur du pays et la disqualification, ainsi que la fragmentation de l’opposition à l’étranger.
Le rassemblement du 14 février remet cette équation en cause depuis l’extérieur, en démontrant que la communauté iranienne de la diaspora n’est pas simplement un ensemble de groupes dispersés et dissonants, mais qu’elle est capable de converger autour d’un axe national commun, sans recourir à des idéologies importées.
C’est précisément pour cette raison que des courants tels que la gauche idéologique, l’Organisation des Moudjahidine du peuple et les réformistes – tous liés, d’une manière ou d’une autre, historiquement ou fonctionnellement, à l’ordre existant – ont soit gardé le silence face à cet appel, soit tenté d’en minimiser l’importance. La formation d’un consensus national trans-idéologique marginalise de facto le rôle historique de ces courants.
La politique étrangère ne se fonde pas sur la morale, mais sur un calcul coûts-avantages. Un rassemblement capable de projeter simultanément une image d’unité, un niveau de participation significatif et une revendication politique claire modifie les paramètres de ce calcul. Un tel événement peut ouvrir la voie à des actions plus concrètes : de pressions juridiques contre les violations des droits humains à la limitation des réseaux financiers et diplomatiques du régime.
Plus précisément, ce rassemblement est en mesure de réduire de manière tangible l’écart entre la « compassion verbale » et l’« action effective ».
Dans les théories de l’action collective, la « perception d’un soutien extérieur » constitue l’un des facteurs clés de la persistance et de la résilience des mouvements internes. Des populations qui ont payé le prix fort – par les sacrifices, les pertes humaines et la répression continue – ont besoin de constater que leur lutte ne se déroule pas dans le vide.
La présence organisée des Iraniens de l’étranger transmet ce message clair : la révolution nationale iranienne n’a pas de frontières géographiques, et la revendication du changement est devenue une exigence populaire transnationale. Cet élément psychologique a, à de nombreux moments de l’histoire, joué un rôle décisif dans le maintien de la motivation et de la mobilisation à l’intérieur du pays.
Participer au rassemblement du 14 février ne signifie ni « déterminer le futur régime politique », ni « se substituer au vote du peuple iranien », ni « nier la pluralité des opinions ». Ce rassemblement constitue, au sens strict, une action défensive au service des intérêts nationaux de l’Iran : la défense du droit du peuple à reconstruire le pays après l’effondrement d’un ordre idéologique usé.
La centralité du Prince Reza Pahlavi à ce stade ne relève pas de l’émotion pour une large partie de la société, mais d’une évaluation politique rationnelle de sa capacité à créer la convergence, à dépasser des clivages épuisants et à ramener la politique autour de l’axe de l’Iran.
Aux carrefours décisifs de l’histoire, la question centrale n’est pas « qui est le leader », mais quelle part de responsabilité nationale chaque individu accepte d’assumer. Le 14 février 2026 est précisément un moment de cette nature : le jour où le rôle des Iraniens de la diaspora passe de celui d’« observateurs solidaires » à celui d’acteurs nationaux engagés.
La participation à ce rassemblement n’est pas un simple acte physique ; c’est une prise de position consciente : l’affirmation que l’Iran n’est pas seul, que la révolution nationale n’est pas seule, et que la volonté de reconstruction du pays repose sur un soutien humain réel.
Si ce rassemblement doit produire un poids politique, et non une simple image émotionnelle, chaque participant doit être présent de manière consciente et préparée :
– avec le drapeau du Lion et du Soleil, en tant que drapeau historique de l’État-nation iranien et symbole de la continuité entre le passé, le présent et l’avenir ;
– avec des pancartes claires et précises, porteuses de messages compréhensibles pour l’opinion publique mondiale, et non uniquement destinées à un usage interne ;
– avec des symboles et des images fédératrices qui, à ce stade, incarnent pour une large partie de la société le nom du Prince Reza Pahlavi comme axe de la convergence nationale ;
– avec des slogans cohérents et ciblés, exprimant à la fois le soutien au leadership de la révolution nationale et la revendication centrale, sans ambiguïté : la transition hors de la République islamique et le retour de la souveraineté au peuple iranien.
À l’ère de l’image et des médias, chaque rassemblement est instantanément reproduit pour un public mondial. Les messages ambigus, les symboles contradictoires et les slogans dispersés neutralisent l’énergie d’un mouvement. À l’inverse, la cohérence visuelle et discursive est ce qui traduit la protestation dans le langage de la politique et transforme la présence individuelle en puissance collective.
Le soutien public au leadership du Prince Reza Pahlavi à ce stade n’est ni un acte de dogmatisme ni un rejet de la démocratie ; c’est un calcul national visant à franchir la phase d’effondrement de l’ordre existant. L’histoire montre clairement que les mouvements dépourvus d’un axe de leadership consensuel finissent soit par s’épuiser, soit par être récupérés.
Le 14 février 2026 n’est pas un jour pour regarder ; c’est un jour pour une présence responsable. Chaque drapeau, chaque pancarte et chaque slogan réfléchi constitue une pièce du puzzle de la pression politique exercée sur un régime dont la survie a toujours dépendu de notre dispersion. L’Iran a aujourd’hui plus que jamais besoin d’une action consciente : une action démontrant que la nation iranienne, même en exil, peut agir de manière cohérente, déterminée et nationale.
Dans l’espoir de vous voir toutes et tous au rassemblement du 14 février 2026 ; le jour où nous transformons la responsabilité nationale en action collective.
Vive l’Iran
